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Depuis décembre 2013, sur le territoire de l’ex-région Poitou-Charentes, les personnes gravement traumatisées sont prises en charge au sein d’une filière propre, communément appelée trauma center. Tête de pont de cette organisation, le service des urgences du centre hospitalier universitaire (CHU) de Poitiers veille à la diffusion des bonnes pratiques.

Bientôt cinq ans après sa création, la filière de prise en charge des personnes gravement raumatisées sur le territoire de l’ex-Poitou-Charentes poursuit sa structuration, sous la houlette du centre hospitalier universitaire (CHU) de Poitiers. Communément appelée « trauma center », elle repose sur un protocole partagé de «  triage » pré-hospitalier des atients et un accueil téléphonique permanent facilitant le transfert des cas les plus graves vers le CHU. Objectif ? Orienter le plus vite possible les victimes d’un traumatisme violent vers l’hôpital le plus adapté et, in fine, diminuer la mortalité et la morbidité. « Cette organisation bénéficie surtout aux petits hôpitaux, isolés, qui ne savaient pas vers qui se tourner dans ce genre de situation. Ils ont désormais un interlocuteur unique et le parcours des malades est simplifié », explique le Dr Amélie Pichot, coordinatrice médicale du trauma center. « Il y a de moins en moins d’erreur d’aiguillage, passer par le trauma center devient peu à peu un réflexe. Pour l’instant, nous privilégions une orientation des patients vers le CHU “par excès”, pour ne prendre aucun risque », signale le Pr Olivier Mimoz, chef du service des urgences adultes, service dont l’activité a augmenté en conséquence.

Trauma_center

© CHU de Poitiers

Protocoles communs. Partagé par les urgentistes du territoire, le protocole de « triage » a été établi à partir d’un classement des centres hospitaliers selon trois niveaux, relatifs à l’étendue de leur plateau technique, ainsi qu’une échelle de gravité du traumatisme, assortis d’un arbre de décision. Si la personne présente un bilan lésionnel modeste, elle relève de l’hôpital le plus proche. Si des soins particulièrement lourds sont requis, elle est dirigée vers une structure intermédiaire ou au CHU. « En cas de choc hémorragique, les centres d’Angoulême, de La Rochelle, de Niort ou encore de Saintes sont compétents, illustre Olivier Mimoz. Mais un traumatisme crânien ou une fracture du rachis doit déclencher un transfert vers Poitiers. »
Concrètement, le médecin régulateur du département d’origine appelle son homologue du service d’aide médicale urgente de la Vienne (Samu 86), qui le met alors en relation avec le réanimateur chirurgical de garde au CHU. S’engage une conférence téléphonique à trois pour valider l’admission du patient, organiser son transport, anticiper son arrivée (prévenir un médecin spécialiste, le service d’imagerie…). Une fiche récapitule les éléments de bilan à réunir au préalable, sous forme de « check-list », une autre fait le point sur la prise en charge pré-hospitalière du traumatisme crânien ; l’objectif étant aussi d’uniformiser les pratiques.

Retours d’expériences. Bien sûr, l’existence de protocoles ne suffit pas. Encore faut-il les faire connaître… et les faire appliquer. « Notre principale tâche consiste à bien diffuser les informations relatives au fonctionnement de la filière et à les expliquer. C’est un travail permanent, car de manière générale, dans les services d’urgence, le personnel se renouvelle souvent », constate Amélie Pichot. Pour faire vivre le réseau, l’équipe de Poitiers échange avec les autres structures-membres au fil de l’eau et se déplace ponctuellement pour des rencontres plus formelles. L’occasion de réfléchir à des améliorations face à certains dysfonctionnements : quand une procédure n’est pas applicable telle quelle, quand le CHU n’a pas pu accueillir une personne gravement traumatisée faute de place, quand un autre patient lui a été adressé trop tardivement, après avoir déjà fait l’objet d’un bilan dans un autre hôpital… Régulièrement – tous les ans jusqu’en 2016 et tous les deux ans désormais – les intervenants de la filière se réunissent une journée pour faire un bilan d’étape ; des études de cas cliniques sont organisées. « Nous revenons collectivement sur des situations réelles qui ont posé problème. Nous invitons des experts à contribuer à notre réflexion, relate Olivier Mimoz. C’est aussi une manière de faire de la formation continue. »

Registre des patients ? Pour l’instant, le trauma center ne dispose pas de données objectives sur son activité. « L’idéal serait de mettre en place et de tenir un registre des patients, poursuit le chef du service des urgences. Nous aurions ainsi une idée précise du nombre de traumatisés pris en charge par la filière, des conséquences effectives sur la mortalité et les complications. » Se pose aussi la question de la place de ce réseau – unique – au sein de la région Nouvelle-Aquitaine. Pourrait-il être étendu ? Etre remis à plat pour intégrer une nouvelle structure, régionale ? « Difficile à dire, répond Amélie Pichot. Il n’y a pas encore eu de discussions officielles sur le sujet. »

Aurélia Descamps

carre-orange La prise en charge du «traumatisé grave» au CHU

Coordinateur du trauma center, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Poitiers est aussi le mieux équipé pour prendre en charge les victimes d’un traumatisme grave sur le territoire de l’ex-région Poitou-Charentes. Il dispose en effet de moyens en radiologie interventionnelle, en réanimation chirurgicale, notamment neurochirurgicale, en chirurgie (cardiothoracique, neurochirurgie…), disponibles 24 heures sur 24. Dans la salle d’accueil des urgences vitales (SAUV), l’un des quatre emplacements est réservé aux patients de la filière. « L’une des particularités de notre service est que les réanimateurs interviennent avec les urgentistes, dès l’arrivée, et non pas dans un second temps. Cela permet de mutualiser les compétences et d’éviter les pertes d’information, signale Olivier Mimoz. Via le trauma center, nous accueillons environ 40 patients par mois, dont l’immense majorité fait l’objet d’une surveillance en réanimation. Originaires de tous les départements, ce sont surtout des victimes d’accidents de la route. »

Article publié dans le semestriel CHU magazine Poitiers, juin 2018

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